Un malaise nommé Quentin

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Je trouve la situation extrêmement déplaisante. Voire franche gênante. Côté journaliste, comme du côté des politiciens.

Si je résume :

Mardi dernier l’assemblée nationale s’est précipité pour organiser une minute de silence avant même d’avoir les premiers éléments de l’enquête. Donc un truc qu’il ne font quasiment jamais, même pour Steve Caniço blanc comme neige. Donc la seule fois où il se décident à le faire, c’est pour un petit con, mort dans une rixe entre hooligans. À ce tarif là, on peut légitimement se demander pourquoi les gamins qui morts dans les affrontements entre cartels dans les quartiers nord de Marseille n’ont pas eu leur minute eux aussi. Non, les horreurs qui se passent là-bas, ça n’intéresse personne. Mais pour Quentin, certains maire poussent même l’indécence proposer d’afficher son portrait sur la maire. ce que la région a finalement fait sans le moindre complexe.

Et puis passé une semaine à voir tout les médias et tous les politiques dénoncer « la violence de l’ultragauche », alors même que l’on s’avait que le gamin fréquentait tout le gratin néofasciste de Lyon et que les néo-nazis eux-même le présentaient comme un « militant de terrain […] à l’avant garde du combat nationaliste », voila que l’on apprends que ce sont en fait des milices d’extrême droite armées et en surnombre qui ont tendu une embuscade aux militants antifasciste. Voila que les gens présents à la marche en son honneur sont tellement infréquentables que même le RN et les propres parents du garçon s’en sont désolidarisé.

Le problème n’est pas tant que Quentin Déranque évoluait dans des mouvances neo-faschiste. Je veux bien croire qu’il ait été influençable et qu’il soit tombé sur les mauvaises personnes. À 23 ans, il avait le temps de prendre conscience de ses erreurs. Mais ceux qui tentent de récupérer sa mort pour soutenir leurs propres intérêts ne lui rendent pas hommage. La seule façon de rendre hommage à un mort est laisser le temps à la vérité d’émerger. Que la victime ait eu le beau rôle ou non. D’autant que les politiciens qui ont été les premiers à s’insurger sont aussi les premiers responsables de la situation. Un article est paru à l’occasion dans The Conversation, dans lequel sont citées quelques mesures à mettre en œuvre pour éviter les phénomènes d’escalades dans les violences politiques. Spoiler : c’est très exactement le contraire de ce que font nos dirigeants depuis aussi loin que remontent mes souvenirs…

Alors par pitié, élus de tous bords, si vous avez un minimum de respect pour Quentin, pour sa famille, pour ses amis et ses ennemis : fermez vos gueules !